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18/10


Jour de haute importance :
-Envolee d'Harfy (alias la couz' Mymy) pour 9 mois en Ukraine.
-Fiesta du Señor de los Milagros, dans tous le Perou, avec moults processions en blanc
et violet, et parterre recouvert de dessins faits a bases de sciures teintes.
-2e jour de mon periple a Satipo en selva centrale....et visite d'une communautee Ashaninka,
la Communidad Nativa del Rio Bertha. Il y a environ 60 communautes au Perou et 35000 hommes
que l'on peut diviser en 3 types:
-Ceux qui sont en contact avec la "civilisation" et qui gardent difficilement leurs
racines et que le gouvernement tente d'alphabetiser et d'aider a sa maniere.
-Ceux qui connaissent la "civilisation" mais la refusent et s'effoncent dans la selva
a la recherche de lieux caches pour vivre de maniere ancestrale. Parallelement certains d'entre
eux partent etudier et reviennent ensuite enseigner au sein de leur communaute, dans leur langue.
Une maniere de pouvoir garder leur autonomie face au monde, et de pouvoir defendre et
preserver leur droit. Ceux sont les "Isoles Volontaires".
-Et enfin ceux qui pour l'heure n'ont quasiment pas eut de contact avec le monde
exterieur et qu'il faut proteger des compagnies de petrole, en + de la deforestation.

Avec Patty et sa famille nous avons
ete visite une communaute a 20 min de Satipo,
d'environ 25 "casas"
(maisons) et qui fait partie des 1e citees.
j'ai eut du mal a me situer vis a vis d'eux au debut,
tellement surprise et fascinee a la fois.
Ils sont catholiques et quand on leur demande
qu''etaient-ils avant, ils repondent "catholique".
Ou sont passees les esprits de la foret?
La question de l'evangelisation des peuples
dit primitifs me laisse songeuse....n'est-ce pas
plutot un facteur de leur perte d'identite? Le
village fait de maisons de bois et de toits
de feuillages comprend donc une eglise
et une ecole...ou les cours sont donnes
uniquement en espagnol.
Nous avons bien echange avec les mamans (car tous les habitants
connaissent l'espagnol), qui nous ont dit leur peine de voir leurs enfants
refuser d'apprendre l'Ashaninka. Pour ces jeunes, leur racine est un
fardeau et ils n'ont qu'une envie : partir.
...Surtout quand ils voient les moto taxi deposes des touristes,
camera a la main. J'ai ete tres gene au debut d'arriver pour "visiter"
ce peuple et la gene des femmes se sentaient egalemment. Mais apres
avoir parle avec elle, avoir rit et but TOUS le masato (yuca et camote piles
et fermentes, offert en guise de bienvenue dans une enorme calebasse)
Epreuve incontournable pour ne pas les frustrer, la conversation se fit + naturelle.
Nous avons deambuler dans le village et j'ai ecoute, regarde et
fascine ces femmes d'1m40 (leur taille naturelle) cueillir et expliquer plantes
medicinales et aromatiques, a travers un paysage luxuriant. Ayant explique mon
admiration pour ce peuple, elles m'ont vetues de leur cushma (de peau, perles
et os) et l'une d'elles, que j'amusais beaucoup m'a pris la main pour danser au
son de sa voix aigrelette.
Nous avons beaucoup rit, et quand nous avons du partir, les bras
charges de fruits offerts, c'est en riant qu'elles m'ont dit de revenir pour
apprendre leur langue, marcher pieds nus et amener mon abuelito (grand pere)...
Je revois leurs yeux rieurs et ne peut m'empecher d'espere retourner
a une communaute. Mais pour + de temps.... Ce que j'y ai vu et compris me fait
beaucoup reflechir. Je sais qu'un jour j'ai reve d'etre professeur dans une de leur
communaute, mais je sais aujourd'hui que cela n'est pas mon destin.
Pour autant j'aimerai partager avec eux sans leur nuire et + tard, a ma
maniere defendre leurs droits.
Ecrivains, metteur en scene ou je ne sais quoi,
mais cette experience me suivra...
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